Le tunnel de novembre

3 décembre 2019 0 Par r-2-m_Magv
Le tunnel de novembre

Je sais, j’ai laissé passer un long mois sans nouvel article.
C’était novembre.
Le long, noir, sans fin, tunnel de novembre.

Novembre est un mois très particulier. Pour moi comme pour pas mal de gens, me semble t’il.
Il fait jour tard, nuit de bonne heure, il pleut, commence à faire froid, les feuilles pourrissent, les arbres sont nus. Le côté sympa et coloré de l’automne à laisser la place à un paysage déprimant et un temps maussade.
Coincé entre un octobre encore chargé du renouveau de la rentrée, et un décembre plein de promesse de fêtes.

Novembre réveille chez moi toutes les superstitions, toutes les peurs et tous les chagrins.
Je me suis parfois surprise à aimer cette période, me disant que « ce n’était pas si pire » et paf…ce sournois novembre me rappelait oh combien la vie peut être merdique.
C’est fini, on ne m’y reprendra plus.

J’ai passé ce dernier mois à getter les événements, les éléments, les potentielles mauvaises nouvelles.
Un rendez vous chez le garagiste? Un proche qui doit passer un examen médical? ou pire une opération? Et je suis à deux doigts de partir en sucette.
Quand je dis que novembre me rends superstitieuse….

Et puis les chagrins…
Ce mois me ramène à tous mes mauvais souvenirs et tous mes deuils.
A mes chers disparus.
Ils viennent un part un, parfois en rêve. Surtout n’en oublier aucun.
Repasser par la colère, le déni, le marchandage, et le reste. Sans jamais atteindre l’acceptation.

ombre dans le brouillard

 

Cette année a été particulièrement compliquée.
Pourquoi au juste, je ne sais pas. Mais c’est un fait.
Le coeur lourd, le ventre noué, beaucoup de larme.
J’ai fais ce que je ne fais habituellement jamais : me recoucher après le départ des enfants pour l’école, dormir jusqu’à des heures impossibles, me lobotomiser la tête de télé.
En alternance, dans les mêmes journées, de frénétiques activités. Je n’avais pas autant travailler, été aussi efficace, depuis très longtemps.
Surtout ne pas réfléchir, ne pas laisser l’esprit vagabonder…
Peine perdu, il y a toujours des moments de vide dans une journée.

pluie ou larme

Papa-mari m’a surveillé comme le lait sur le feu.
Il m’a gentillement proposé son aide.
Mais il sait.
Novembre fini toujours par passer.


Dimanche nous avons décoré la maison et les chants de Noël ont résonné.
Hier je me suis couchée de bonne heure.
Et aujourd’hui levée en forme, avec l’Envie. Je n’irais pas me recoucher.
A peine la porte refermée sur les enfants que je suis déjà sur mon clavier. En train d’écrire en 1h, ce que je n’aurais pas pu en un mois.
Dire qu’il y a 3 jours je m’endormais pour la énième fois à 4h du matin, et le lendemain je n’arrivais pas à émerger.
Mais ça y est, novembre est derrière nous.

décoration de noel
Et je peux enfin me permettre de faire le bilan positif de ce mois.
Avant impossible, superstition oblige.

Mais oui, au milieu de tout ça, il y a eu du positif:
– du boulot abattu, des vieux dossiers enfin terminés. Et de nouvelles idées.
– des compulsions alimentaires certes. Mais maîtrisées.
– du sport! Je n’ai pas abandonné!
– des mauvaises nouvelles financières pour une facture totale à 5 chiffres. Que j’accepte. Ce n’est pas funky, mais ce n’est pas la fin des haricots non plus. C’est pareil pour tout le monde.
– des moments en famille qui font tellement de bien.
– des rendez vous entre ami(e)s, tellement importants.
des fous rires, de l’amour, de la tendresse et de chouettes souvenirs.

petits et grands bonheurs
J’ai pu constater que les petites graines de la pensée positive, plantées ces dernières années, portent leur fruits.
Après les 5 paragraphes que je viens d’écrire on pourrait en douter.
Mais c’est bien là : à aucun moment je ne me suis sentie « victime de la vie« , ne me suis dit « pourquoi nous » ou ce genre de chose.

pensée positive
J’accepte mieux, je crois, les aléas de la vie.
J’accepte de ne pas avoir le contrôle sur tout.
Je suis devenue plus fataliste.
Et j’ai trouvé, chaque jour, quelques choses de beau ou de positif autour de moi.

Durant ce mois de la peine, j’ai la sensation d’être malgré tout restée à flot.
Et malgré tout je fais un bilan positif.

futur positif
(mais chut, ne le dites pas à novembre, il pourrait m’en faire baver l’année prochaine 😉 )